Nommé entraîneur principal du FC Lausanne‑Sport jusqu’en juin 2028, Luka Elsner entame un nouveau chapitre de sa carrière à Lausanne. Fort d’un parcours riche sur plusieurs bancs européens et d’une expérience confirmée dans des contextes exigeants, le technicien slovène arrive avec la volonté de s’inscrire dans le projet du club et d’en accompagner les ambitions sportives. Dans cette première interview en tant qu’entraîneur du LS, Luka Elsner revient sur son parcours, sa vision du rôle d’entraîneur et les fondements de son engagement au FC Lausanne‑Sport.
Un entraîneur Lausanne-compatible
« Je me sens Lausanne‑compatible. J’espère le prouver par le travail et l’investissement quotidien, celui de l’ensemble du staff, car un entraîneur n’existe pas sans son staff. J’espère répondre aux attentes du club et de l’environnement, convaincre les joueurs et les supporters que les saisons à venir vaudront la peine d’être vécues au stade. Il y a une compatibilité de départ, mais elle doit se traduire en actions. Les mots et les discussions sont une chose, ce qui compte, c’est ce qui se passe quand le match démarre. »
L’identité de ses équipes
« Convaincre et s’adapter sont compatibles. Il y a d’abord le recrutement, qui donne les ressources et les capacités pour s’engager dans un projet. Le coach doit arriver avec des idées fortes, car pour convaincre, il faut soi‑même être convaincu. Sans idée forte, on ne peut pas créer une organisation de jeu ni une identité. Ensuite, il y a toujours de l’adaptation. Certains états de jeu, certaines positions, certaines organisations permettent à un joueur de mieux s’exprimer. Chaque joueur a son profil, ses spécificités, et cela s’apprend au quotidien en observant, en discutant, en travaillant avec eux. Je souhaite amener une identité forte, une force collective dans la manière d’approcher le football : comment on joue, ce que l’on veut faire ensemble. »
L’importance de l’équilibre
« L’équilibre est essentiel. Pour gagner beaucoup de matchs et être constants, il faut être très bien organisés quand on n’a pas le ballon, réagir vite, être bien positionnés pour limiter l’expression de l’adversaire. Cette partie défensive est l’expression d’un collectif, du sacrifice les uns pour les autres, de la communication permanente. C’est là que l’équipe vit dans la difficulté et exprime son envie de faire les choses ensemble. Offensivement, l’idée est l’accélération, l’intensité, un tempo rapide, la création d’avantages rapides. Le mouvement est fondamental, surtout face au marquage individuel. Il faut se démarquer, jouer en première intention, utiliser le talent dans une organisation collective. Il y a toujours eu du talent à Lausanne. L’objectif est de l’organiser pour que les joueurs aiment jouer ensemble, se battre ensemble, déployer de l’énergie pour récupérer le ballon et dégager une identité forte. Cette petite touche de magie doit faire se lever les gens au stade. C’est important pour remplir le stade et rendre les gens heureux. »
Un message pour les supporters
« Aux supporters, je dirais qu’il faut toujours être prudent avec les promesses dans le football. Ce que je sais, c’est que j’ai assisté au match à Genève, j’étais très proche du KOP, que j’ai ressenti une énergie incroyable, une implication très positive du début à la fin. Cela m’a fait vibrer. Je n’ai qu’une hâte, entraîner dans ce Stade de la Tuilière et convaincre les supporters de notre projet de jeu. Avec mon staff, nous donnerons toutes nos capacités pour que l’équipe dégage l’envie de venir au stade, représente fièrement la ville et le club, et crée cette énergie positive sur le terrain. »
Ce qui l’a convaincu
« Je fonctionne beaucoup à l’humain. Les personnes avec lesquelles je vais travailler m’inspirent. Je ressens de l’expertise, de l’enthousiasme et de l’énergie au sein du club. J’ai envie de travailler avec ces personnes‑là et avec ces joueurs, car c’est avec eux que je vais partager mon quotidien. C’est cette envie d’être sur le terrain avec eux et d’essayer d’accomplir quelque chose ensemble qui m’a convaincu. Créer des émotions, des souvenirs forts, comme ceux laissés par le parcours européen de cette saison, c’est quelque chose que je recherche. »
Entraîner: Convaincre et enseigner
« Pour moi, le rôle de l’entraîneur est avant tout de convaincre et enseigner. Il doit amener une idée de jeu et convaincre les joueurs, le staff, l’ensemble du club, que cette idée est celle qui va permettre d’être performants, de livrer de bons matchs, de ramener du monde au stade, de créer de l’enthousiasme et, bien sûr, de gagner. Convaincre les joueurs de cela et les faire travailler très dur autour de cette idée est essentiel. Contraindre peut parfois fonctionner, mais je crois profondément que convaincre est fondamental. Cela demande de la confiance et énormément de travail pour être crédible. Il y a aussi une mission importante qui est celle d’aider les joueurs à progresser. Cela concerne les jeunes joueurs, mais aussi ceux en fin de carrière. Donner des détails, accompagner au quotidien, améliorer chaque jour, cela fait partie du rôle de l’entraîneur. Quand chaque joueur progresse, l’équipe progresse également. J’aime transmettre ce que j’ai appris d’autres entraîneurs ou d’autres expériences. »
Travailler avec les jeunes
« Travailler avec les jeunes me stimule énormément. Quand ils sentent qu’on s’implique pour eux, qu’il y a un vrai projet, et qu’ils peuvent aider l’équipe à gagner, cela donne beaucoup d’énergie. Mais j’aime tout autant travailler avec des joueurs plus expérimentés, qui apportent leur capacité à guider les autres. Toutes les phases de l’entraînement m’intéressent, mais le travail avec les jeunes est particulièrement stimulant. »
Ce qui le stimule
« Ma plus grande satisfaction est de voir l’épanouissement d’une équipe dans un travail exigeant, dans le sacrifice et les valeurs fortes. Quand on sort d’un entraînement en se disant qu’on a progressé, que les joueurs étaient impliqués, qu’ils ont pris du plaisir à travailler dur et à jouer ensemble, c’est une immense satisfaction. Gagner des matchs et des titres est important, faire vibrer un stade aussi, mais ces sensations positives sur le terrain sont ce qui me fait le plus m’épanouir. »
Un parcours enrichissant
« Je pense qu’avoir ce bagage culturel et avoir côtoyé différentes approches est forcément enrichissant. Cela apporte évidemment des difficultés, mais aussi beaucoup d’enseignements. Ces expériences enrichissent surtout la capacité à s’adapter plus rapidement, à mieux comprendre les personnes avec lesquelles on travaille et à appréhender plus facilement les aspirations locales. Cela permet tout simplement de mieux s’intégrer. L’entraîneur arrive toujours avec ses idées, ses principes, son approche. Mais ces éléments doivent s’intégrer à l’identité et à l’histoire du club. Il y a aussi ce que représentent les supporters, ce qu’ils attendent, et tout cela doit être pris en compte. »
L’importance de la communication
« Concernant la langue, je pense que nous sommes arrivés à une société plus naturelle sur ce plan‑là, où les joueurs ont besoin de communication, d’être guidés. Passer du temps avec eux, leur parler, mais aussi toucher leurs émotions et leurs passions passe par le langage. Cela passe par la capacité à pouvoir échanger avec chacun. J’ai la chance de parler plusieurs langues et j’espère que cela me donnera la capacité de convaincre les joueurs et l’ensemble du personnel. D’embarquer tout le monde dans une belle histoire. »