Prise de position sur les événements du 9 décembre et les sanctions communiquées

Le LS condamne fermement les incidents survenus samedi dernier. Le club continuera son dialogue avec les ultras pour pacifier leur tribune, de même qu’avec l’ensemble des acteurs. Le LS marque également son étonnement vis-à-vis des sanctions prises par le autorités. Le respect du cadre fixé par le projet Progresso est la seule et unique voie existante et cohérente pour tenter de juguler les phénomènes de violence dans les stades de Suisse.

Le futur du FC Lausanne-Sport est directement lié au stade de la Tuilière. Nous sommes les fiers exploitants et utilisateurs de ce stade magnifique et nous souhaitons que chaque match soit une expérience unique. Nous souhaitons que la Tuilière se remplisse et affiche régulièrement des guichets fermés. Pour remplir ce stade, nous considérons tous nos fans comme des partenaires de ce projet.

Nous pouvons être fiers de ce que nous avons réalisés à ce jour, depuis l’ouverture de ce stade en plein COVID 19. L’ensemble des parties prenantes savent et acceptent que des améliorations sont nécessaires concernant l’infrastructure, sa sécurité et son accessibilité. Le LS est engagé dans des discussions sur ces différents sujets avec la ville et le canton ainsi que les différents corps de police et regrette notamment que des acteurs clés (comme les transports publics) n’en fassent pas partie.

Comme d’autres pays aujourd’hui, le football suisse connaît des problèmes avec les tribunes populaires, les ultras, l’usage de la pyrotechnie et la violence autour des stades. Et cette réalité est également malheureusement lausannoise.

Il n’y a aucune excuse possible quant aux agissements des groupes d’ultras à l’intérieur et autour du stade samedi dernier. Nous les condamnons fermement. Nous regrettons sincèrement et profondément les dommages causés et particulièrement la blessure constatée d’un agent de police.

Nous prenons la sécurité très au sérieux et nous continuerons ainsi d’analyser les faits et les incidents pour prendre des décisions justes et ciblées. Nous nous devons de faire évoluer le cadre sécuritaire de la Tuilière. Cela passera précisément par des discussions intenses et détaillées avec l’ensemble des partenaires, y compris les représentants des groupes de supporters ultras du Kop sud. Nous continuerons ainsi d’échanger avec nos supporters de manière directe, transparente, franche et continue.

A ce titre, le message à l’attention de nos groupes d’ultras est clair et sans équivoque: l’interdiction totale de l’utilisation d’engins pyrotechniques ainsi que le respect des lois et règlements en vigueur à l’intérieur et à l’extérieur du stade.

L’ensemble des parties prenantes et acteurs de la sécurité autour du football suisse (autorités nationales, cantonales et communales, polices, SFL, clubs et autres experts externes) a travaillé dans un premier temps pour le projet Bigletto+. Ce dernier visait à établir un rapport afin d’obtenir une vue d’ensemble de la situation concernant les débordements de supporters dans le cadre de matches de football et une évaluation des mesures et approches possibles, notamment le billet nominatif. Suite aux conclusions de ce rapport de 111 pages publié en mars 2023, le projet Progresso est né pour mettre en œuvre le rapport Bigletto+ et établir notamment un modèle en cascade (sujet à de nombreuses consultations publiques afin d’engager un maximum de parties prenantes) qui puisse déterminer une échelle de sanctions applicables sur l’ensemble du territoire suisse par tous les acteurs.

En complément, le rôle de la Conférence des directrices et directeurs des départements de justice et police a été étendu en mai 2023 pour qu’elle puisse être consultée autour des sanctions à prendre sur l’ensemble du territoire suisse. Il est important de souligner que jusque-là (alors que les autorités publiques de notre pays font état des violences autour des matches de foot depuis de nombreuses années) aucune autorité autre que la SFL n’avait le pouvoir de prendre des décisions au niveau national. Dans le cadre légal et règlementaire actuel, le FC Lausanne-Sport constate également, à titre d’exemple, qu’aucune autorité ne peut empêcher le déplacement de plusieurs centaines de supporters à travers le pays.

En tant que club, membre de la SFL et de son comité, nous sommes donc engagés au succès du groupe de travail Progresso. Ce dernier est à ce jour la seule et unique voie existante et cohérente pour tenter de juguler les phénomènes de violence dans les stades de Suisse. Et ce, sur l’ensemble du territoire et sur le long terme.

Nous sommes donc déçus des sanctions prises et de la communication faite mardi (par voie de presse uniquement) par les représentants du canton de Vaud, de Genève et de la Ville de Lausanne. À la lecture de ces dernières, nous constatons qu’elles ne sont pas calquées sur le modèle en cascade du projet Progresso et qu’elles ne répondent pas non plus à un équilibre des sanctions récemment prises à travers le pays: aucun huis clos, aucune suspension de billetterie n’a été prononcée jusqu’à ce jour, les sanctions visant les publics à risques ayant été favorisées.

Nous constatons que l’ensemble des supporters et suiveurs du LS (ainsi que du Servette FC) sont pénalisés pour plusieurs matches. Cela va à l’encontre du cadre de travail dans lequel nous pensions évoluer avec l’ensemble des acteurs en Suisse dans lequel nos autorités cantonale et communale sont également engagées: le projet Progresso.

Ces décisions ramènent les dispositifs de consultation pour juguler l’augmentation de la violence dans les stades à ce qu’ils étaient avant le projet Progresso: disparates voire inexistants à travers le pays et sans effet réel sur le long terme – comme nous le constatons encore une fois aujourd’hui.

Nous prendrons donc contact avec les autorités concernées pour discuter de cette situation.